Ces comparaisons avec des représentations masculines sont bien en faveur d’un Ur-Nanshé « grand chanteur » ou « grand musicien », mais il faut encore ajouter un fait noté par André Parrot lui-mêmes : la statuette et le buste d’Ur-Nanshé avec l’amorce d’un instrument de musique porteraient les seules inscriptions du nom d’une femme à Mari. En fait, dans l’état actuel de nos connaissances, les statuettes féminines présargoniques sont très rarement inscrites. Les seules exceptions sont jusqu’à présent la statue de Kish (ci-dessus p. 67 et note 107) et un fragment de torse au nom de « Geme-Bau, fille d’Enentarzi, prêtre de Ningirsu » peu avant le règne de Lugalanda, vers 2360269.

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107 S. Langdon, Excavations at Kish, I, Paris, 1924 = P. R. S. Moorey, Iraq 26, 1964, pl. XIII a-c. Calcaire. Ht.: 12 cm. Oxford, Ashmolean Museum, 1924.258.  

269 Sarzec, Déc. en Chaldée, p. 336 s. Inscription: Sollberger-Kupper, IRSA, p. 77, IC9b. Carbonate de chaux brûlée. Ht. 9,5 cm. Il ne reste que la partie droite du torse avec le bras au coude pointu collé au corps. Un bras trouvé en surface au-dessus du temple de Shara à Tell Agrab: OIP 60, no 290, pl. 45, porte une inscription fragmentaire, restaurée hypothétiquement comme celle d’une femme par Th. Jacobsen: OIP 58, no 11, p. 297.